Conclusion Il y a dans ces textes de Pascal ou de Singer une grande leçon d’humilité et une remise en cause de l’angélisme des Lumières. A trop croire dans les possibilités de l’ange, on fait le jeu de la bête. Quoi qu’il en soit, aucune époque ne peut se passer de rites. Lebut de cette contribution est de diriger l’attention sur les implications philosophiques de la prière. Si la prière n’est pas dépourvue de sens c’est qu’elle suppose, d’un côté, l’idée de la personnalité de Dieu et, de l’autre, son immuabilité. En s’appuyant sur Maître Eckhart, on peut défendre l’idée que même la supplication n’est pas incompatible avec le Doiton considérer la religion comme ennemie de la raison ? Sujet 2154 Doit-on opposer raison et sensible ? Sujet 5873 Doit-on souhaiter la dictature de la raison ? Sujet 396 Doit-on tout soumettre à la raison ? Sujet 101439 Education, humanisme et raison Sujet 2556 En quel sens la raison peut-elle se mettre au service de la religion ? Sujet 161 En quel sens la science instruit-elle la Telleest la question soulevée dans le dernier numéro de la revue Médiane (Vol. 3, no 1, automne 2008). On y retrouve les réflexions de Sami Aoun, Daniel Baril, Luc Brisson, Marcel Conche, Thomas De Koninck, Hubert Doucet, Jean Grondin, Sam Haroun, Jacques Languirand, Michel Métayer, Jean Proulx, Normand Provencher et Normand Baillargeon. Le tout [] publiéle 5 juin 2015 à 15h44. Ça n'a pas manqué. A peine rendue publique, la décision de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) sur le cas Vincent Lambert provoquait déjà des Lhomme peut-il se passer de religion ? Introduction Il apparaît difficile de réfléchir à ce qui constitue la culture humaine (c'est-à-dire tout ce qui est le produit de l'activité humaine ≠ Uigefg. L'analyse du professeur Il s’agit ici de se demander si le fait de croire et d’adopter une religion vient de la nature humaine, se justifie en raison d’une définition essentielle de l’homme, ou si tout au contraire elle ne procède que d’une illusion due à la faiblesse de l’esprit humain, à la fragilité d’un homme qui ne parvient pas à comprendre le sens de sa destinée. Il semble à première vue que la religion unit les hommes dans une communauté de croyances dans la mesure où chacun reconnaît l’existence supérieure d’un Dieu. En cela, la religion est affaire d’individu et semble reposer sur une forme de besoin personnel et, plus précisément, spirituel. Mais, outre ce lien social, la religion, comme la science d’ailleurs, est un mode d’explication du monde et de ce qui est elle un discours de vérité visant à expliquer la nature des choses à partir d’une origine créatrice qui est le divin. La vérité dépend donc d’une révélation première qui est la norme du vrai la Bible pour les chrétiens par exemple et cela conditionne une compréhension de l’histoire qui n’est pas progressive mais reste dépendante d’une origine vraie indépassable qui est le Dieu. En ce double sens, la religion résulte bien d’un besoin individuel de comprendre le monde et de vivre avec autrui, besoin qui se trouve satisfait par la façon dont le Dieu a conçu la place de l’homme au sein de la création. Le rapport de l’homme à la religion est donc ambigu. D’une part, c’est la fragilité existentielle qui expliquerait le besoin de Dieu, besoin ancré dans la volonté de retrouver un père rassurant, de posséder une certitude devant les contingences de l’existence. Mais d’autre part, le besoin de Dieu ne serait pas qu’une affaire de volonté et de connaissance l’homme en aurait essentiellement besoin, sans quoi son existence deviendrait absurde, serait sans origine et sans finalité. ... Magazine Actualités, Buzz et News insolites Votre dose quotidienne d’actualités sérieuses et insolites économie, environnement, santé, Internet, Voyages, loisirs, les derniers buzz … 🇫🇷 La croyance est l’absence de connaissance véritable. Pourtant, elle se dissimule aussi derrière les propos les plus rationnels. User de la raison, c’est être lucide sur ce qui, en chacun de nous, est croyance. La croyance se définit généralement comme une attitude consistant à adhérer à une idée, une pensée, une affirmation, une théorie ou un dogme. On peut croire que les fantômes existent, que l’être humain est perfectible, que notre meilleur ami est digne de confiance, que la femme a des capacités intellectuelles inférieures à celles de l’homme ou que Dieu a créé le monde en sept jours. Comme le montrent ces différents exemples, la croyance recouvre un champ très large de domaines. Il existe pourtant un point commun à ces différentes affirmations, à savoir qu’elles relèvent d’une adhésion plus ou moins hasardeuse. Le fait de croire est ainsi souvent associé à la naïveté rien ne me garantit que mon meilleur ami ne me trahira jamais, à l’erreur, ou encore au préjugé, que les philosophes nomment volontiers opinion ». Mais alors que l’erreur est une affirmation fausse, non conforme à la logique ou aux données expérimentales, le préjugé peut consister à tenir pour vrai ce qui est faux, mais peut aussi avoir une part de vérité. Si je crois que l’humanité va vers un avenir meilleur, je peux avoir tort ou raison. Dans tous les cas, je n’ai pas de preuve de ce que j’ ISABEL ESPANOL Ainsi se définit donc la croyance elle est absence de connaissance véritable, c’est-à-dire rationnellement fondée. Voilà pourquoi il est commun d’opposer la croyance au savoir, et d’identifier la croyance à une certitude facile, à une vérité » apaisante qui, le plus souvent, ne résiste pas à une enquête approfondie. La croyance est par conséquent un état critiquable en ce qu’elle s’émancipe du travail de la raison elle est ce sommeil dogmatique par définition étranger au travail de la réflexion. En croyant, l’homme renoncerait ainsi à sa liberté de questionner, d’interroger, il préférerait le confort des réponses préfabriquées, le côté rassurant du prêt-à-penser » qui laisse la raison en repos. Ce que je crois, c’est ce que je tiens pour vrai, et la certitude d’avoir raison ne reposerait que sur une acceptation passive, ou des raisons qui ne résisteraient peut-être pas à l’examen. La croyance s’opposerait donc bien à la véritable compréhension des phénomènes. Elle serait due à un besoin de réponse facile, à une certaine paresse intellectuelle qui la distinguerait de l’exigeante démarche scientifique. Cesser de croire serait une question de volonté et de courage, celui d’affronter la réalité telle qu’elle est pour cesser de l’imaginer telle que nous la désirons. Mais l’homme en est-il capable ?Progrès de la science sans recul de la croyance Dans les faits, la croyance semble définir l’humain si nous examinons nos pensées, il est aisé de constater qu’elles sont majoritairement constituées de croyances ; rares sont en effet les idées que nous pourrions justifier rationnellement. On pourrait même aller plus loin et s’interroger sur un éventuel besoin de croire inhérent à la nature humaine, hypothèse légitime lorsque l’on constate qu’aucune société connue n’est dépourvue de croyances ou de rituels religieux, ou encore que le progrès scientifique n’a pas abouti à la disparition des croyances religieuses ou plus largement des superstitions. Ce n’est pas parce que l’astronomie peut démontrer les incohérences de l’astrologie que les gens vont arrêter de lire leur horoscope, ou, pire, d’y accorder crédit. Il semble alors pertinent, afin de tenter de répondre à la question, de se pencher sur les causes probables de la croyance et de sa permanence. Croire est-il une nécessité pour l’homme, ou pourrait-on déceler d’autres causes qu’un besoin intrinsèque, causes qui, une fois explicitées, pourraient permettre d’envisager une approche plus rationnelle du monde ? "Douter de Dieu, c'est y croire." - Blaise Pascal. Si l’on considère le cas particulier mais représentatif de la croyance religieuse, nombreuses sont les analyses des motifs qui peuvent pousser l’être humain à abandonner la rationalité au profit d’une approche magique » de l’univers. Ainsi, dans le De rerum natura, Lucrèce pose les questions suivantes Quelle cause a répandu chez tous les peuples de la Terre la croyance de l’existence des dieux, a rempli les villes d’autels, a institué les cérémonies religieuses […] qui précèdent toutes les entreprises importantes ? Quelle est aussi l’origine de ces sombres terreurs dont les mortels sont pénétrés, qui tous les jours élèvent de nouveaux temples sur toute la face de la Terre et instituent des fêtes en l’honneur des immortels ? » La réponse est évidente si les hommes ont inventé les dieux, c’est tout d’abord pour tenter d’expliquer les phénomènes naturels qu’ils ne comprenaient pas. La cause est donc ici l’ Lucrèce, les hommes ont inventé les dieux pour expliquer les phénomènes naturels qu'ils ne comprenaient pas. Cependant, la mise en œuvre de ces réponses faciles aux interrogations humaines face aux événements a une conséquence [Introduction] [Accroche ] Les plus grandes religions survivent aux générations, elles permettent aux sociétés de se donner des fondements, une tradition, à travers le temps. Dans ces sociétés, et même si les hommes n’en ont pas toujours conscience, les religions dirigent en partie leurs pratiques et représentations. A considérer la société actuelle, toutefois, il est difficile de ne pas constater un affaiblissement de la religion. En effet, un Etat laïc permet une liberté de croyance, qu’on ne songe guère à remettre en cause ; l’athéisme, en tant négation de l’existence de Dieu, est aujourd’hui habituel. S’agit-il d’un état d’exception ou d’une tendance irréversible ? [Annonce et reformulation du sujet ] Peut-on se passer de religion ? L’homme, considéré individuellement ou socialement, peut-il vraiment vivre sans rites et sans dogmes ? [problématique ] Est-il concevable de se dispenser des pratiques et croyances qui ont occupé l’humanité depuis son origine ? Est-ce même souhaitable si l’on parvient à se dispenser de toute religion, peut-on vivre de manière tout à fait humaine ? Il est difficile de voir clair dans ces questions, tant qu’on n’a pas suffisamment bien compris pourquoi la religion peut, d’une part, être rejetée par l’homme, alors que, d’autre part, elle a toujours prétendu répondre à ses aspirations les plus profondes. [Plan ] Pour répondre, il faudra d’abord dégager ce qui permet à l’homme de refuser les croyances propres à la religion. Par la suite, il s’agira de montrer dans quelle mesure la foi est nécessaire à l’homme, même si cette foi est illusoire, et même si elle n’est pas tout à fait religieuse. Enfin, nous pourrons déterminer le rôle moral et social que la religion est amenée à jouer et si cela peut être véritablement indispensable à l’homme. [Enjeu ] Ce sera l’occasion de mieux saisir ce que l’on attend de la religion, ce qu’elle attend de nous, et, par là-même, de pouvoir comprendre ce qui peut animer la vie de tant d’hommes, y compris de ceux dont les croyances et les pratiques sont tout à fait éloignées des nôtres. [I – l’homme peut se passer des croyances religieuses, parce qu’elles sont illusoires] [La religion est devenue une affaire privée] Quelle est la place des grandes religions dans un pays comme la France ? Depuis 1905, nous distinguons l’Eglise et l’Etat. Il ne s’agit pas d’interdire la religion mais de la restreindre au domaine privé les citoyens peuvent adopter n’importe quelle croyance s’ils le veulent et ont la liberté de culte. Il est aussi possible de ne choisir aucune religion. C’est le cas des personnes qui se considèrent athées ou agnostiques, et qui se passent visiblement de religion. Elles peuvent, étant athées, refuser nettement l’existence d’un Dieu, quel qu’il soit, ou tout simplement considérer, comme les agnostiques, que ce type de question est tout à fait indécidable et ne mérite pas vraiment qu’on partage les dogmes d’une Eglise. Quoi qu’il en soit, une personne athée ou agnostique se dispense des dogmes et des pratiques obligatoires que toute religion comprend. Leur conception de la religion, plus ou moins critique, plus ou moins indifférente, est aujourd’hui complètement admise. On peut même se demander si le refus de la religion n’est pas plus évident que sa justification. Encore faut-il comprendre en quoi consiste ce refus. [La science remet en cause les croyances religieuses] Comment est-il possible de se dispenser des pratiques et des croyances religieuses ? Après tout, la grande majorité des cultures comprennent une religion. Pourquoi, historiquement, l’homme moderne a-t-il délaissé la religion ? Parmi les nombreuses raisons que l’on peut alléguer, les progrès de la science jouent ici un rôle important. Les croyances religieuses s’appuient en effet sur une croyance impérative en une réalité transcendante, que l’homme ne peut atteindre même s’il souhaite toujours s’élever vers elle. En tant que telles, des croyances de ce type ne peuvent être prouvées. Or, l’homme moderne se fie de plus en plus en la science, qui s’appuie sur l’observation, l’expérimentation et la raison. La science a produit des découvertes qui ont modifié de fond en comble la manière qu’avaient les hommes de se représenter le monde et l’univers. Les connaissances auxquelles la science a abouti ne concordaient pas toujours avec les dogmes des religions en place. Jusqu’à Copernic et Galilée, l’idée selon laquelle la terre est centre de l’univers était commune et soutenue par l’Eglise catholique, qui a refusé l’idée inverse, héliocentrique, que prouvait pourtant la science. Aujourd’hui, on a tendance à interpréter les catastrophes naturelles, les tremblements de terre par exemple, beaucoup moins comme des événements surnaturels que comme des conséquences, en partie prévisibles, de causes tout à fait naturelles. C’est pourquoi nous nous tournons plus spontanément vers un scientifique que vers un prêtre, quand il s’agit de comprendre le monde naturel et l’univers. [Le rejet de la religion comme illusion] Il est une autre raison qui peut justifier le rejet de la religion. Celle-ci impose des rituels et dogmes à ses fidèles, autrement dit elle les contraint à agir et à penser d’une manière bien déterminée. Pour des individus qui appartiennent à une société qui met en avant la liberté personnelle, ces contraintes apparaissent généralement insoutenables. L’individu préfère déterminer lui-même la manière dont il doit agir et penser. L’athéisme peut alors tout à fait se concevoir non seulement comme le rejet de l’existence de Dieu, mais aussi comme le refus de se conformer, sans réflexion préalable, à des pratiques et des représentations qu’il n’a pas choisies. Ce que l’athée refuse alors, c’est la domination d’une Eglise, et ce qu’il met en avant, c’est sa propre liberté pratique et intellectuelle. Ainsi, quand Marx juge qu’il faut se défaire de la religion, c’est pour promouvoir la liberté des peuples à se déterminer eux-mêmes. Il estime en effet que la religion a toujours été un outil au service de la domination du peuple par les puissants. Les illusions qu’elle fabrique, dans cet ordre d’idée, servent à contenir et à dominer la population. Si la religion répond bien à un besoin, celui de l’amélioration des conditions de vie, elle le fait d’une manière inacceptable, puisqu’elle reporte la résolution de la misère des hommes en un autre temps et en autre lieu, dont l’existence n’est pas garantie. Si l’on doit souffrir toute une vie pour s’acheter une place au paradis, et que celui-ci n’existe pas, la souffrance a été vaine, et apparaît plus odieuse que jamais. C’est pourquoi il apparaît indispensable, pour Marx, de se passer de religion. Mais est-ce seulement possible ? Marx écrit le fondement de la critique irréligieuse est c'est l'homme qui fait la religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme. Critique de la philosophie du droit de Hegel La conséquence est directe dans la mesure où c’est l’homme qui fait la religion, il doit pouvoir s’en passer, en trouvant de meilleurs moyens pour répondre à sa condition misérable. Il peut et il doit parvenir à se passer d’une illusion aliénante, qu’il a lui-même forgée mais par laquelle il s’ôte sa propre liberté. [Transition] Le rejet de la religion est le rejet d’une illusion qui est irrationnelle et aliénante. Pourtant, si la religion est une illusion, c’est une illusion particulièrement solide, qui ne se dissipe pas aussi facilement qu’on peut le penser. Comment comprendre que les hommes ne parviennent pas si facilement à se détacher de sa dépendance ? [II – La foi, illusoire ou non, s’impose nécessairement à l’homme] [La religion répond à un désir nécessaire même s’il est illusoire.] On peut interpréter la religion comme un phénomène qui s’appuie sur des illusions, c’est-à-dire des représentations trompeuses, qui plaisent ou qui font peur, mais qui ne correspondent à rien de réel. Le problème, c’est que ce type d’illusion, si c’en est, dure depuis si longtemps qu’on doit supposer qu’il doit s’appuyer sur un besoin ou un désir fondamental pour l’homme. C’est ce qu’exprime Freud en montrant, dans L’avenir d’une illusion, que la religion ne s’appuie pas sur des erreurs, mais bien sur des illusions, au sens propre. D’un côté, il y a l’erreur, que l’on rejette dès qu’on en reconnaît la fausseté si j’ai mal traité un problème de mathématiques et que je m’aperçois des erreurs que j’ai faites, je sais qu’il me faudra éviter de les reproduire. De l’autre côté, il y a l’illusion, qui peut bien apparaître fausse, mais qu’on ne parvient pas à rejeter pour autant. L’illusion, en effet, répond à des désirs qui sont si puissants qu’ils ne nécessitent pas vraiment la confirmation de la réalité. Ainsi, la jeune femme qui a rêvé, autrefois, étant petite fille, qu’elle rencontrerait le prince charmant sait bien que celui-ci n’existe pas, mais son comportement, ses attentes et, au bout du compte, ses désirs, seront dirigés par l’espoir de la rencontre avec un tel être. Pour Freud, il se passe un phénomène similaire pour la croyance religieuse le croyant n’a pas besoin d’avoir la preuve que ses croyances sont vraies, parce qu’elles ne reposent pas, avant tout, sur leur rapport à la réalité, mais sur des désirs. Pour Freud, la croyance en un Dieu tout-puissant, par exemple, repose sur le désir d’être protégé que le père ne peut plus satisfaire. Comme la figure paternelle s’avère moins forte, moins apte à nous protéger, et comme on a toujours besoin d’une protection, nous projetons nos désirs vers un être qui joue au fond le même rôle Dieu. [L’authentique foi en Dieu s’impose à l’homme] On peut certes se rassurer en croyant qu’il existe un être qui veille à notre âme, mais Dieu est plus que cela. Dieu protège, rassure, mais il provoque aussi en nous la conscience de nos propres fautes, de nos bassesse, voire de notre misère. Plus profondément, il faut se demander si Dieu est un être qui répond véritablement à nos désirs et à nos besoins. Plus généralement, la foi, en général, est peut-être bien plus que la réponse à un désir personnel. Elle concerne certes la personne elle-même, puisque toute foi implique un engagement de celui ou celle qui a la foi . Pour autant, elle ne vient pas de la personne, mais lui est plutôt imposée. On peut considérer, étant croyant, qu’elle ne dépend pas tant de l’homme lui-même, de ses besoins ou de ses désirs, que d’une nécessité qui le transcende, qui dépasse ses capacités et qui conditionne sa vie. C’est cette idée que défend Pascal quand il montre, dans les Pensées, que le Dieu en lequel il croît n’est pas d’abord un Dieu de la providence qui vient répondre aux exigences humaines. C’est plutôt un Dieu d’amour et de consolation qui fait sentir aux hommes leur misère intérieure tout en remplissant leur âme de joie , de confiance ou d’ amour . Dieu ne dépend pas des hommes, eux dépendent de Lui c’est ainsi qu’il faut comprendre à la fois leur misère et le fait qu’ils aient à se tourner vers Lui. La foi, comprise ainsi, n’est pas tant une réponse aux soucis de l’existence qu’un don, dont il faut, même si c’est difficile, se rendre capable. Difficile de savoir si la foi est une réponse à un désir inconscient de l’homme, comme le prétend Freud, ou si elle est un don de Dieu, comme le montre Pascal. On peut considérer, en suivant Pascal, que la foi est plus qu’une réponse c’est un engagement qui porte l’homme à s’élever. [L’homme ne peut se passer de foi] Cette conception de la foi a le mérite de rendre compte de la puissance des engagements religieux, qui peuvent pousser jusqu’au don de soi et au sacrifice. Par ailleurs, elle permet aussi de penser pourquoi il existe des hommes qui se passent très bien de religion. Si Pascal n’entreprend pas de convaincre des athées convaincus par la raison Pensées, c’est bien qu’il sait que la foi est reçue et imposée et qu’elle ne peut être l’objet d’une délibération collective ou personnelle. On peut donc, aussi bien, ne pas avoir reçu la foi et, du coup, se passer de religion. Mais il faut certainement d’autres types de foi. Si l’on se tourne vers Freud, pour celui qui ne croît pas ou plus dans les préceptes religieux et qui a l’angoisse de ne plus être protégé, il y a d’autres solutions la psychanalyse en est une. Le militant marxiste a foi dans le prolétariat et la révolution, il se porte vers un avenir meilleur qu’il ne connaît pas encore. Le père ou la mère ont foi en leur enfant, ils s’engagent envers lui de manière inconditionnelle ils l’aiment, même s’il peut ne pas être et agir comme ils s’y attendaient. Enfin, on peut dire que l’individu rationnel a foi en ses propres capacités pour distinguer le vrai du faux. La science elle-même repose sur une conviction, suivant laquelle le monde est explicable, même s’il ne l’est jamais tout à fait complètement. [Transition] Il est humain d’avoir la foi l’homme, qu’il soit croyant ou non, est porté à engager son existence sans jouir d’une pleine certitude dans la réalisation de ses désirs et de ses espoirs. Mais est-ce de religion dont il a besoin pour exercer cette foi ? [III – L’homme ne peut se passer de la fonction morale et sociale de la religion] [la foi est un engagement moral] La foi n’implique pas seulement une croyance absolue mais une manière d’agir qui est résolue, déterminée, inconditionnelle. Celui qui a la foi dans les principes de sa religion est censé toujours agir dans le même sens, dans la même direction. Certes, il se posera des questions sur la manière dont il doit agir concrètement, mais il n’aura aucun doute sur les principes fondamentaux qui guident son action. Autrement dit, sa foi n’est plus seulement une forte croyance, c’est un engagement, et un engagement moral, dans la mesure où il va agir en se rapportant à ses semblables. Ainsi le fidèle croit-il en un certain type de réalité qu’il ne peut prouver mais, surtout, il est animé par une morale, à savoir un ensemble d’obligations envers lui-même et envers les autres, des obligations auxquelles sa religion le rappelle en permanence. Pour Spinoza, le but de la philosophie est la vérité, celui de la foi est l’obéissance et la pitié Traité théologico-politique. Il ne s’agit pas pour Spinoza de dévaloriser la religion ou de montrer qu’elle nie la liberté des hommes il entend montrer que la foi est avant tout morale. En effet, elle permet de savoir à quoi et à quoi il faut obéir et de diriger l’action des hommes vers la pitié, c’est-à-dire l’aide du prochain. Et son but n’est pas la vérité, c’est-à-dire la juste connaissance théorique. Du coup, la question de savoir si la religion est illusoire ou non est secondaire. Ce qui importe, c’est que la religion conduise à une morale qui soit estimable. [La religion a la morale pour raison d’être] Si l’on suit l’une de ses étymologies possibles, la religion est une mise en relation. Que met-elle en relation ? D’abord elle relie les hommes à des réalités qui les dépassent. Ce que recherche un chrétien, quand il va à l’église, en principe, ce n’est pas seulement de satisfaire aux contraintes sociales. Il sait que le lieu a été construit pour permettre ou, tout du moins, symboliser une certaine élévation de lui-même, vers un au-delà. Ensuite, la religion relie les hommes entre eux. L’église, cette fois-ci, est un lien où les hommes se rassemblent et deviennent une communauté de fidèles. C’est en ce sens que Durkheim définit la religion, qui est pour lui un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent Les formes élémentaires de la vie religieuse. Si c’est une communauté morale , c’est qu’elle permet à ses membres d’agir ensemble, mais aussi, et surtout, d’agir à partir de principes de vie, de devoirs, d’une certaine idée du Bien, à partir desquels ils se rapportent les uns aux autres. Pour Durkheim, c’est la fonction religieuse première donner une assise, un fondement, à la moralité humaine. Tant que l’homme a besoin de morale, il a besoin de religion. [Notre société est encore morale et religieuse] Reste à savoir si nous vivons dans des sociétés qui, de ce point de vue, sont encore religieuses. On entend souvent dire que nous vivons une époque où les individus n’ont plus de repères , de valeurs , bref plus de morale. Généralement, on estime justement qu’une des causes de cet affaiblissement de la morale tient à la place trop réduite qu’auraient les religions traditionnelles dans nos sociétés occidentales modernes. Ce jugement est certainement trop hâtif, entre autres choses parce que nos sociétés, même si elles sont individualistes et si elles se prétendent plus rationnelles que les autres, ne sont pas moins morales. C’est la thèse que défend Durkheim en montrant que c’est la personne individuelle qui, dans nos sociétés, est devenue sacrée elle est comme environnée d’une auréole de sainteté Sociologie et philosophie. C’est notamment à partir du respect de l’individu que, dans nos sociétés, nous constituons alors une morale. On pourrait aussi montrer que des sociétés qui se prétendent sans religion, comme la société soviétique, ne pouvait exister sans un culte de l’Etat et sans une morale de l’effort collectif. Ainsi, il est difficile de concevoir une société où les individus ne s’engagent pas les uns les autres, et les uns envers les autres, à partir de principes inconditionnels, autrement dit d’une foi commune. C’est de cette religiosité, précisément, dont les hommes ne peuvent se passer. [Conclusion] L’athéisme est un fait il est possible de se passer de l’idée de Dieu pour vivre, parce qu’il ne répond à aucune raison et on peut n’en avoir aucune expérience ; on peut alors considérer la croyance en Dieu, et toute croyance religieuse, comme illusoire. Plus encore, si l’on se passe de religion, c’est que l’on estime que, par ses illusions, elle aliène la liberté des individus et des peuples. Toutefois, il y a un élément fondamental de la religion dont les hommes ne peuvent se dispenser c’est la foi, c’est-à-dire un engagement inconditionnel envers certains êtres ou principes. Or, cette foi n’a de sens que si elle s’inscrit dans une morale commune et, si l’on comprend la religion comme cette foi commune, il est clair que l’homme ne peut s’en passer, tant qu’il est un individu social. On peut bien sûr objecter que le sentiment d’appartenir à une société s’est affaibli. Peut-être l’individu contemporain est-il devenu indifférent à toutes choses, à tel point qu’il n’a plus foi en rien. Ce serait un constat amer, mais aussi passablement injuste. Tant qu’il agit en relation avec d’autres hommes et tat qu’il dirige sa vie à partir de principes qu’il peut partager, et qui apparaissent sacrés, l’homme est encore, d’une certaine manière, un être religieux. Et même si ces principes ont changé, s’ils sont différents d’un individu à l’autre, d’une société à l’autre, il faut les comprendre comme un signe d’une commune humanité. La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ? Il semble tout d’abord que le rapport de l’homme à Dieu permet à l’homme de mieux vivre puisqu’il est à la fois un motif qui rassure l’homme moralement et qui lui permet de s’unir à son prochain qui est aussi une créature du même Dieu. Toutefois, l’expérience de la croyance est aussi l’expérience d’une fragilité existentielle et d’une dépendance ontologique au regard de laquelle l’homme doit concéder son ignorance, sa petitesse et sa tendance à ne jamais être sûr de ce qu’il fait. En ce sens, devant l’impossibilité d’être sûr de la présence du Dieu, l’homme peut tout aussi choisir de ne pas croire. Il devient alors possible de voir la religion comme une pure fiction, un opium » loin de pouvoir rendre l’homme heureux. Re La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ? par Merl1 Dim 5 Aoû - 1127C'est de la philo ça Kimon...Si vous évacuez la foi dans votre question je ne vois pas ce qu'elle fait ici. D'un côté si vous l'évoquez c'est plus vraiment de la philo... Vu qu'il n'est alors plus question de réflexion mais de vérité révélée...La foi permet-elle à l'Homme d'être heureux ? C'est déjà différent comme arrive vite fait à la question Avez vous la foi ? Et là effectivement c'est une question qui a sa place dans la partie religion....Dernière édition par Merl1 le Dim 5 Aoû - 1145, édité 2 fois Re La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ? par Invité Dim 5 Aoû - 1416Si, clairement que des tas de raisons d'ailleur, pas trop envie de commencer un inventaire à la prevert, disons juste qu'on a spiritualité+reglementation sociale+vie en communautée+une certaine philosophie de la vie+un tuteur psychologique Suffit de voir comment vivent et tirent une gueule les athées, puis les croyants, me semble que c'est casé. Je dis pas qu'on peut pas être heureux etant athées, quoique sans argent et sans drogue, ça devient difficile et ça aboutit à des comportements antisociaux, ni que tout les croyants sont heureux mais ils peteraient probablement un cable pire si on leur enleverait en plus la lui il parle deja des derives de la religion, qui n'ont pas lieu d'être dans une société ordonnée normalement de façon virile, mono-ethnique, socialiste. C'est la religion des autres qui nous emmerde, pas la kimon, "dieu" c'est pas de la religion, c'est un crypto-atheisme sectaire et une ideologie de domination politique totalitaire, tu sera gentil de me mettre ça au pluriel la prochaine fois Re La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ? par Camarade Troska Dim 5 Aoû - 1425B14 a écritTroska lui il parle deja des derives de la religion, qui n'ont pas lieu d'être dans une société ordonnée normalement de façon virile, mono-ethnique, socialiste. C'est la religion des autres qui nous emmerde, pas la je répondais à Merl1, en disant que je n'avais pas la pour moi, la religion ne mène pas pleinement au bonheur, car il y a d'autres facteurs qui peuvent permettre d'accéder au bonheur, sans tomber dans le matérialisme consumérisme ou les tripes new age je ne suis pas croyant, je respecte énormément les croyances et les religions, la différence est là. Une religion c'est cool d'en avoir une, d'être fier, mais ça se garde pour ceux que ça intéresse. Après, du moment que vous voulez pas forcez mes enfants à avoir des rapports sexuels bizarres... Re La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ? par Merl1 Dim 5 Aoû - 1459Camarade Troska a écritNon, je répondais à Merl1, en disant que je n'avais pas la pour moi, la religion ne mène pas pleinement au bonheur, car il y a d'autres facteurs qui peuvent permettre d'accéder au pas dit qu'on pouvait pas être heureux sans foi, mais c'est pas plus simple...Dernière édition par Merl1 le Dim 5 Aoû - 1500, édité 1 fois Re La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ? par Invité Dim 5 Aoû - 1500Après, du moment que vous voulez pas forcez mes enfants à avoir des rapports sexuels bizarres... What a FaceSeulement après leurs majorité, je te raconte pas les partouzeries que sont les passages à l'age adulte dans les religions paiennes y compris le "respectable socle greco-latin civilisé blabla"Sinon je reconnais que y a d'autres facteurs, d'ailleur c'est Odin lui même qui nous dit que pour être heureux suffit d'une ferme bien faite, et d'armes de bonnes qualitée pour la defendre, le reste faut plutot s'en mefier et y a des pages entières sur la bière et les femmes.en tant qu'aryaniste, je prefere plutot Tyr que Thor et Odin, mais Odin c'est bien pour les novices avant d'être initiéUne religion c'est cool d'en avoir une, d'être fier, mais ça se garde pour ceux que ça intéresse. Y a des tas de nuance entre le fait de garder ça strictement privé, pas en parler du tout, et un debut de proselytismeà un moment faut bien que ça soit connu, dans ce sens là je dis pas non, et je pense que le paganisme ne l'est pas assez, alors que les monotheismes+boudhismes n'ont plus vraiment besoin de pub, en fait ils nous emmerdent, mais c'est quand même cons ceux qui vont vers l'hindouisme par exemple et que le premier brahmane venu un peu cultivé leur dira "mais espece d'abruti, notre religion est ethnique, t'as la même en europe, version pour les blancs, avec l'odinisme, qu'est ce que tu viens foutre là?"Dernière édition par B14 le Dim 5 Aoû - 1516, édité 1 fois Re La religion permet-elle à l’homme d’être heureux ? par Camarade Troska Dim 5 Aoû - 1505On est d'accord, j'ai pas dis qu'il ne fallait pas en parler, mais que ça concerne la sphère privée, la foi plus si tu veux une forêt, t'en auras une, ce n'est pas le problème. 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l homme peut il se passer de la religion