Lespectacle son et lumiĂšre du Sableau, Un soir Ă  la hutte, a attirĂ© mille spectateurs pour les deux premiĂšres reprĂ©sentations des vendredi 5 et samedi 6 LatournĂ©e de la piĂšce des Belles-Soeurs s’achĂšve Ă  Caraquet et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un succĂšs pour l’équipe du Théùtre populaire d’Acadie. Cela fait 21 fois que la distribution 100% acadienne de cette reprise de la comĂ©die musicale des Belles-Soeurs a performĂ© dans le Centre culturel de Caraquet. Àl’occasion de la Saint-Jean-Baptiste, la ville de Longueuil optera pour un spectacle devant public, a-t-on annoncĂ© dans un communiquĂ© de presse. ActeI. Un demi-siĂšcle avant l'indĂ©pendance du PĂ©rou en 1821, le vice-roi Don AndrĂšs assure la loyautĂ© de la colonie envers la couronne d'Espagne. Le jour de sa fĂȘte, il enquĂȘte incognito sur sa rĂ©putation tandis que deux dignitaires, Don Pedro et le comte de Panatellas, surveillent l'agitation en ville. Personne n'est dupe Ă  Lima, mais le vice-roi ne voit dans la bonne humeur Auprogramme : un spectacle mĂȘlant acrobatie et burlesque, avant de laisser place Ă  un ballet cycliste et musical. Revivez, comme si vous y Ă©tiez, cette soirĂ©e de rire et de figures virevoltantes. Dela pyramide du Louvre Ă  Pantin en passant par les berges de Seine, le festival Paris l’étĂ© prend le relais de l’offre scĂ©nique parisienne pour pallier le creux estival de la programmation théùtrale. Pendant trois semaines, la capitale fait de la concurrence Ă  Avignon avec une ribambelle de spectacles rafraĂźchissants et i2cS. À propos du blog Le spectacle HaĂŻbĂ©coise » de Rebecca Jean confirme son talent sur la scĂšne musicale montrĂ©alaise Par Robert BerrouĂ«t-Oriol Linguiste-terminologue MontrĂ©al, le 1er novembre 2021 Peu de temps
 aprĂšs s’ĂȘtre produite au Centro Leonardo Da Vinci, Ă  MontrĂ©al, dans le cadre des cĂ©lĂ©brations du mois du crĂ©ole, la chanteuse Rebecca Jean a offert au public montrĂ©alais, le 30 octobre 2021, son nouveau spectacle musical intitulĂ© HaĂŻbĂ©coise » au lieudit Le MinistĂšre. La tonalitĂ© sinon l’ADN de ce spectacle est inscrite dans le titre mĂȘme de cette ample prestation musicale, HaĂŻbĂ©coise », comme pour rappeler les deux matrices de l’identitĂ© de cette chanteuse haĂŻtiano-quĂ©bĂ©coise, nĂ©e Ă  MontrĂ©al de parents haĂŻtiens, et qui chante aussi bien en français qu’en crĂ©ole. HaĂŻbĂ©coise » est un mot-valise créé par Rebecca Jean pour signifier que c’est Ă  la confluence et Ă  la pollinisation de ses deux cultures, la quĂ©bĂ©coise et l’haĂŻtienne, qu’elle tisse son art chansonnier et qu’elle inscrit en notes aĂ©riennes chacune des mĂ©lodies qu’elle a Ă©crites ou qu’elle interprĂšte, avec un rare et novateur talent dĂ©jĂ  saluĂ© dans les mĂ©dias quĂ©bĂ©cois par la critique. En entrevue au National le mois dernier, elle rappelle que [Ses] racines ont pris naissance au soleil, quelque part entre Petit-GoĂąve et Jacmel. Mes branches ont poussĂ© et parcouru la terre, puis j’ai vu le jour sous un ciel d’hiver. Dans mon cƓur deux histoires se font la cour ! Je vis au rythme des cuillĂšres et des tambours. J’ai un hĂ©ritage aux saveurs mĂ©tissĂ©es, une fiertĂ© qui s’étend de Kafou Ă  GaspĂ©. » Extrait d’ HaĂŻbĂ©coise » ; voir aussi l’article Rebecca Jean, la haute voix de la musique contemporaine haĂŻtienne au QuĂ©bec », par Robert BerrouĂ«t-Oriol, Le National, 10 septembre 2021. Et lorsqu’elle fait quelques rares incursions en anglais par exemple dans son disque Vortex », un internaute, sur les rĂ©seaux sociaux, soutient que la chanteuse haĂŻtiano-quĂ©bĂ©coise fait penser Ă  BeyoncĂ© chantant l’époustouflant Dangerously in Love ». Toujours sur les rĂ©seaux sociaux, un autre internaute, emballĂ© en septembre dernier par la chanson Gen de jou » -inventive adaptation crĂ©ole de Hier encore » de Charles Aznavour figurant dans l’album collectif Amoureuses des mots »-, situe Rebecca Jean dans la lignĂ©e de la grande Toto Bissainthe interprĂ©tant comme en Ă©cho Ă  LĂ©o FerrĂ© l’inoubliable HaĂŻti, mon pays »  Un spectacle polyphonique, convivial et solaire Il a durĂ© plus d’une heure, le spectacle musical de Rebecca Jean un moment d’une trĂšs grande intensitĂ©, un ravissement pour les oreilles et les yeux dans la gĂ©omĂ©trie des sens interpellĂ©s, qui confĂšre le sentiment d’assister au dĂ©ploiement de quelque chose d’unique sur le registre d’une chorĂ©graphie alliant le ballet vocal aux sonoritĂ©s finement hachurĂ©es de la guitare et aux convulsions savantes et ordonnĂ©es des diffĂ©rents tambours. InstallĂ©e au piano qu’elle joue avec brio tantĂŽt avec douceur tantĂŽt avec le dĂ©bit d’un volcan de notes harmonieuses, accompagnĂ©e de ses deux musiciens -MoĂŻse Yawo Matey, talentueux percussionniste d’origine Togolaise qui fait parler les tambours », et Assane Seck, guitariste d'origine sĂ©nĂ©galaise dont l’exemplaire virtuositĂ© n’est pas sans rappeler le Havana Moon » de Carlos Santana-, Rebecca Jean a dĂ©butĂ© son spectacle par une dĂ©ambulation-Ă©vocation quasiment murmurĂ©e au rythme somptueux, souple et lent d’un Yanvalou mĂ©ditatif intitulĂ© Papa Bondye ». La chanteuse est apparue sur scĂšne vĂȘtue d’une sorte de tunique de couleur bistre-mordorĂ© qu’elle a elle-mĂȘme dessinĂ©e et qui a Ă©tĂ© confectionnĂ©e, comme toutes ses tenues de scĂšne, par sa mĂšre Honaise Simon sur une machine Ă  coudre qui nous remet en mĂ©moire la Singer » d’autrefois, celle de Dianira Oriol, la mĂšre du romancier RenĂ© Depestre, Ă  laquelle celui-ci rend hommage dans Popa Singer » Éditions Zulma, 2016. Également, en dĂ©but et en fin de spectacle, Rebecca Jean a portĂ© une couronne aux longues aiguilles tendues vers le ciel, sorte de rappel des rayons de soleil qui Ă©clairent sa dĂ©marche de vie et sa quĂȘte de lumiĂšre Ă  travers son projet musical. Le spectacle musical HaĂŻbĂ©coise », chaudement applaudi par le public, comprend des titres français et crĂ©oles agencĂ©s selon un dispositif scĂ©nique fluide oĂč les morceaux français alternent avec les chansons en crĂ©ole, tandis que l’une des chansons, trĂšs prĂ©cisĂ©ment HaĂŻbĂ©coise », est bilingue français-crĂ©ole. Parmi les titres interprĂ©tĂ©s figurent Femme de la terre », Amour lumiĂšre », Pardon Gaia », Lang lakay », ainsi que la chanson Gen de jou » manifestement trĂšs attendue par le public. Lang lakay », accessible sur YouTube, n’est pas une traduction mais plutĂŽt une adaptation crĂ©ole trĂšs librement inspirĂ©e de la cĂ©lĂšbre chanson de Yves Duteil, La langue de chez nous » le texte a d’abord Ă©tĂ© Ă©crit en crĂ©ole et sa version française » est destinĂ©e aux locuteurs francophones. Comme nous l’a prĂ©cisĂ© Rebecca Jean, Lang lakay » est un hommage Ă  la beautĂ© de la langue crĂ©ole et figure sur son album/EP HaĂŻbĂ©coise ». En voici des extraits Lang lakay » IdĂ©es ayant inspirĂ© la version crĂ©ole - - Yon lang ki pran nesans Une langue qui a vu le jour Nan doulĂš, nan soufrans Dans la douleur et la souffrance Sou bitasyon lanmĂČ Sur le sol amer des plantations Kreyolanm boujonnen Le crĂ©ole a fleuri - - KreyĂČl se yon pwomĂšs Le crĂ©ole, c’est une promesse Youn fĂš lĂČt poun ekziste Que l’on s’est faite pour survivre Chak grenn mo son fyĂšte Chaque mot empreint de fiertĂ© Raple n kiyĂšs nou ye Nous rappelle qui nous sommes - - Lang manmanm son tanpĂšt La langue de ma mĂšre est une tempĂȘte K ap kraze, ka p brize Qui court pour tout casser Sovaj kon toro bĂšf Sauvage comme un taureau K ap fouke mawoule Qui poursuit son maĂźtre L’un des temps forts du spectacle de Rebecca Jean, qui arbore durant tout le dĂ©cours de sa prestation un constant sourire ensoleillĂ©, a Ă©tĂ© l’interprĂ©tation de la chanson Gen de jou », sa fameuse traduction/adaptation crĂ©ole de la chanson Hier encore » de Charles Aznavour figurant dans l’album collectif Amoureuses des mots », et cette chanson, pour l’album, a Ă©tĂ© enregistrĂ©e en studio avec l’apport des musiciens accompagnateurs. Une interprĂ©tation en direct », devant public », live » est donc diffĂ©rente Ă  plusieurs Ă©gards de celle rĂ©alisĂ©e en studio pour l’album collectif Amoureuses des mots » elle est portĂ©e par une forte Ă©nergie provenant sans doute du contact direct avec le public. Sur la scĂšne du MinistĂšre, l’interprĂ©tation en direct » live » de Gen de jou », non formatĂ©e par les impĂ©ratifs du studio d’enregistrement, a comme libĂ©rĂ© la haute voilure chansonniĂšre de cette remarquable adaptation crĂ©ole, la mĂ©lodie s’est exposĂ©e avec plus de vitalitĂ©, la rythmique de la composition musicale a paru mieux harmonisĂ©e dans l’entrelacement de la guitare, des percussions et de la voix. TantĂŽt on a entendu les percussions et la guitare soutenir l’éclat modulĂ© de la voix, tantĂŽt l’on a Ă©coutĂ© la voix, en ses cimes et ses respirs, guider l’accompagnement tambourinĂ© et celui des accords de la guitare. Dans son surgissement Ă©clatĂ© mais admirablement maĂźtrisĂ©, sur la scĂšne du MinistĂšre, la chanson Gen de jou » est une remarquable illustration des multiples potentialitĂ©s de l’art chansonnier de Rebecca Jean en raison de son pouvoir polyphonique puissant et amplement attractif sur l’auditoire conquis au fil des mots et de la mĂ©lodie. Ainsi l’on comprend mieux, en Ă©coutant l’artiste interprĂ©ter Gen de jou » sur scĂšne, ce que reprĂ©sente et signifie le cheminement crĂ©atif de cette adaptation du texte original de Charles Aznavour. En entrevue, elle le dĂ©voile comme suit Lorsque mon Ă©diteur Jehan Valiquet m’a dit qu’il voulait faire un album hommage Ă  Aznavour mettant en lumiĂšre 14 voix fĂ©minines, j’ai tout de suite Ă©tĂ© emballĂ©e par l’idĂ©e. J’ai aimĂ© que les chansons ne nous soient pas imposĂ©es chaque participante pouvait y aller avec son coup de cƓur et le rĂ©sultat est merveilleux. Pendant quelques jours, je me suis plongĂ©e dans le rĂ©pertoire d’Aznavour. Je me rĂ©veillais et je m’endormais avec sa musique. Puis, l’évidence de faire Hier encore » m’est arrivĂ©e comme une rĂ©vĂ©lation. Le thĂšme universel de la nostalgie liĂ©e au temps qui passe m’a interpelĂ©e. J’ai d’abord entendu la rythmique comme un tambour dans ma tĂȘte. Je me suis installĂ©e au piano et je me suis rĂ©appropriĂ© les accords du texte d’Aznavour en y ajoutant une couleur rasin ». À ce moment, mon cƓur a vibrĂ©. Je ne savais pas encore ce que j’allais raconter, mais il fallait que ce soit en crĂ©ole. Pendant deux jours, j’ai Ă©tĂ© dans un Ă©tat extatique en dĂ©couvrant les mots qui s’enchaĂźnaient pour exprimer ce que la chanson originale m’avait fait ressentir. Au lieu d’essayer de faire une traduction mot pour mot, j’ai plutĂŽt tentĂ© de ressentir l’essence du texte d’Aznavour pour ensuite traduire cette essence dans mes mots, avec des expressions intrinsĂšques Ă  la culture haĂŻtienne et au crĂ©ole. » Rebecca Jean, la haute voix de la musique contemporaine haĂŻtienne au QuĂ©bec », par Robert BerrouĂ«t-Oriol, Le National, 10 septembre 2021. À l’instar de plusieurs autres crĂ©ations/adaptations crĂ©oles de Rebecca Jean, Gen de jou » signe un exemplaire rapport Ă  la langue –au français avec l’harmonisation de Lang lakay », qui est une adaptation crĂ©ole librement inspirĂ©e des idĂ©es de la cĂ©lĂšbre chanson de Yves Duteil, La langue de chez nous ». Un novateur rapport, Ă©galement, Ă  la langue crĂ©ole chez Rebecca Jean au creux d’une conception originale du langage comme espace d’exploration des possibles de la langue –possibles harmoniques, mĂ©taphoriques, mĂ©moriels la langue, qui ne se limite pas Ă  sa fonction premiĂšre de communication mais qui, telle une terre-glaise, se laisse pĂ©trir et architecturer pour ouvrir au sens dans sa dimension musicale et faire jonction avec des harmoniques qui interpellent les sens. Cela s’est donnĂ© Ă  Ă©couter samedi soir sur la scĂšne du MinistĂšre ; cela s’expose bellement dans la trame narrative de Gen de jou » qui se lit comme suit Gen de jou, m santi kĂš m lou M rete m ap kalkile jan ane yo pase Anvan w bat je w, se vre
 20 tan gen tan koule Tankon w zeklĂš, tankou premye fwa w damou M te gen anpil pwojĂš, anpil rĂšv ki peri Van pote yo ale, li pran yo san mande Se lĂš m rete m vin wĂš, tout lespwa m antere Tan kouri kou lapli ka p desann yon mĂČn debwaze YĂš maten, sa pa twĂČ lwen
 M ta p gagote lavi m san m pa menm reflechi Nan twĂČp pale anpil, bay tan m pou granmĂšsi M pa t panse lajenĂšs ta prale san tounen M chita m ap bwĂš plezi san m pa janm mezire E menm lĂš mwen tonbe, m te ka rekoumanse Men kounye a m wĂš lavni pi kout ke le pase M pa konn pou konbyen jou anvan lannwit tonbe Gen de jou, m santi kĂš m lou LĂš m konte tout zanmi m ki gentan janbe LĂš m panse ak fanmi m ki fin degrennen Sa fĂš m reyalize talĂš konsa se tou pa m tou Tan pa bezwen konnen si w pĂČv, si w gen lajan Menm si w ta vle kenbe l, li gen yon sĂšl direksyon Msye pa gen pitie, kanmenm l ap vin prije w Ou mĂšt sote, ponpe
 Granmoun nan ap antre Men anvan male, pou ti tan sa k rete M vle selebre lavi, toutotanm ka kanpe M vle pataje listwa m Pou nou pa bliye m te egzizte » Rebecca Jean, Gen de jou », adaptation crĂ©ole de Hier encore » de Charles Aznavour. Comment, dans les plissures du spectacle musical HaĂŻbĂ©coise », qualifier la voix de Rebecca Jean ? S’il est vrai que des observateurs de son parcours artistique ont parlĂ© de douceur », de puissance » et l’ont parfois qualifiĂ©e de rauque », ce que nous avons attentivement Ă©coutĂ© samedi soir invite Ă  Ă©largir la palette qualificative de la voix de l’artiste. En ses diffĂ©rents registres, sa voix se singularise et se caractĂ©rise, d’une chanson Ă  l’autre, d’un registre Ă  l’autre, comme une voix Ă  la fois a sĂ©pulcrale parfois voix grave mais surtout vibrante qui semble venir des trĂ©fonds de l’ñme ; b chaude voix douce, prenante et attirante, qui procure une sensation de bien-ĂȘtre, trĂšs agrĂ©able Ă  entendre ; c cristalline voix claire, sans dĂ©faut, harmonieuse ou mĂ©lodieuse Ă  souhait ; d modulĂ©e voix contrĂŽlĂ©e, suivant un rythme agrĂ©able Ă  entendre. C’est en cela Ă©galement que l’artiste sĂ©duit et emporte l’adhĂ©sion de son public ses nombreux applaudissements en tĂ©moignent avec chaleur. Ce sont ces potentialitĂ©s de sa voix qui font liant avec les rythmes dont elle sertit ses chansons par l’appel au konpa, au reggae, Ă  la soul, au zouk, Ă  la chanson quĂ©bĂ©coise et française et parfois au jazz, ces rythmes habitant un imaginaire crĂ©atif qu’elle met en partition sonore » Ă  l’aune d’un professionnalisme rigoureux et reconnu dans la profession musicale quĂ©bĂ©coise. Rebecca Jean a eu l’heureuse idĂ©e d’ajouter au spectacle HaĂŻbĂ©coise » une touche de magie supplĂ©mentaire avec VĂ©ronique Dion, artiste peintre et AndrĂ© Fouad, poĂšte », excellent diseur Ă©galement reconnu pour la grande qualitĂ© de sa poĂ©sie en langue crĂ©ole. En dĂ©but de spectacle, il a magnifiquement interprĂ©tĂ© le texte de Wooly Saint-Louis Jean, Renaissance », tirĂ© de leur album MĂ©lodie des mots II » paru en HaĂŻti en 2021. Au cours du spectacle, VĂ©ronique Dion, inspirĂ©e par la musique de Rebecca Jean, a composĂ© sur le tas un tableau inĂ©dit figurant une femme arborant une parure afro » et cĂŽtoyant la Fleur de Lys du QuĂ©bec ainsi que la mĂ©moire scriptĂ©e des Autochtones, toile qu’elle pourrait sans doute un jour intituler Confluences QuĂ©bec-HaĂŻti ». Le dernier morceau interprĂ©tĂ© par Rebecca Jean est une chanson de Manno Charlemagne, Manman », hommage Ă  la mĂšre qui donne la vie et introduit ainsi son enfant Ă  la lumiĂšre, hommage Ă©galement aux mĂšres qui portent sur leurs Ă©paules combattantes L’autre moitiĂ© du ciel » titre du recueil de nouvelles de Sara Doke paru en 2013 chez Élytis. Car il y a chez Rebecca Jean un positionnement citoyen fĂ©ministe sereinement assumĂ© puisque, selon elle, un artiste doit toujours porter une cause » entrevue Ă  Ayibopost, 26 fĂ©vrier 2021. Ce positionnement citoyen fĂ©ministe s’expose dans plusieurs de ses chansons, notamment dans Femme de la terre » qui a elle aussi Ă©tĂ© chaudement accueillie par le public. HaĂŻbĂ©coise » est un spectacle trĂšs professionnel, dont se souviendra longtemps un public conquis, une prestation musicale de haute qualitĂ© qui confirme, sur la scĂšne musicale montrĂ©alaise, les extraordinaires talents de Rebecca Jean musicienne, auteure, compositrice et interprĂšte. L’inscription de Rebecca Jean dans l’espace musical du QuĂ©bec doit ĂȘtre situĂ©e dans un cadre plus large pour mieux en apprĂ©cier la portĂ©e. Depuis une cinquantaine d’annĂ©es, le tissu dĂ©mographique du QuĂ©bec est irriguĂ© par l’apport d’une centaine de communautĂ©s culturelles dont les locuteurs proviennent de pays aussi diffĂ©rents que la JamaĂŻque, le Chili, HaĂŻti, le Maroc, etc. Ces communautĂ©s culturelles contribuent Ă  enrichir le QuĂ©bec dans divers domaines allant de la gastronomie Ă  la peinture, de la littĂ©rature Ă  l’éducation. En raison des liens historiques anciens entre le QuĂ©bec et HaĂŻti -voir l’article de Lyonel Icart, HaĂŻti-en-QuĂ©bec / Notes pour une histoire », revue Ethnologies, volume 28, numĂ©ro 1, 2006-, l’apport des 150 000 migrants haĂŻtiens Ă  la modernisation du QuĂ©bec s’est manifestĂ© dans des domaines aussi variĂ©s que la peinture Lionel Laurenceau, Marie-Denise Douyon, Manuel Mathieu ; la santĂ© Dr Jean-Claude Fouron, Dr Emerson Douyon, Dr Yvette Bonny, Dr Carlo Sterlin, Dr JoĂ«l Des Rosiers ; le sport Bruny Surin ; l’éducation Georges Anglade, Cary Hector, HĂ©rard Jadotte, Nathan MĂ©nard, Claude MoĂŻse, Émile Ollivier, Maximilien Laroche, Samuel Pierre, Jean-Claude Icart, Jean-Marie Bourjolly ; la littĂ©rature Anthony Phelps, Serge Legagneur, Franck FouchĂ©, JoĂ«l Des Rosiers, Émile Ollivier, GĂ©rard Étienne, Stanley PĂ©an, Alix Renaud, Dany LaferriĂšre, Frantz Benjamin, Henry Saint-Fleur, Lenous Surpris, Jan J. Dominique, Gary Klang, Roger Edmond, Rodney Saint-Éloi, Marie-CĂ©lie Agnant, Robert BerrouĂ«t-Oriol auteur de la premiĂšre Ă©tude thĂ©orique sur les Écritures migrantes au QuĂ©bec ». Samuel Pierre, enseignant Ă  l’École polytechnique de MontrĂ©al, en dresse un exemplaire et fort Ă©clairant tableau dans le livre collectif de rĂ©fĂ©rence Ces QuĂ©bĂ©cois venus d’ailleurs – Contribution de la communautĂ© haĂŻtienne Ă  l’édification du QuĂ©bec moderne », Presses internationales Polytechnique, 2007. Dans le domaine de la chanson, le QuĂ©bec a vu s’exprimer des pionniers Georges Thurston alias Boule noire, Guy Durosier, puis Luck Mervil, Marc Yves Volcy, RĂ©gine Chassagne du groupe Arcade Fire, Marie-JosĂ© Lord, etc. La musique savante haĂŻtienne s’est Ă©galement invitĂ©e dans le paysage musical quĂ©bĂ©cois sous l’impulsion, il y a une quarantaine d’annĂ©es, de l’ethnomusicologue Claude Dauphin, fondateur de la SRDMH la SociĂ©tĂ© de recherche et de diffusion de la musique haĂŻtienne. Quant aux arts de la scĂšne au QuĂ©bec, on retiendra, entre autres, les contributions de premier plan d’Anthony Kavanagh, humoriste, chanteur, comĂ©dien et vedette confirmĂ©e tant au QuĂ©bec qu’en France et en Europe ; Eddy Toussaint, qui a fondĂ© dans les annĂ©es 1972 avec Eva Von Genscy et GeneviĂšve Sabaing Les ballets jazz de MontrĂ©al », puis en 1974, la compagnie Les ballets Eddy Toussaint de MontrĂ©al » et L’école Eddy Toussaint ». D’autres artistes continuent d’irriguer l’espace culturel du QuĂ©bec, notamment le guitariste de jazz Harold Faustin, le bassiste, vibraphoniste et percussionniste Éval Manigat, le pianiste Eddy ProphĂšte, le comĂ©dien et metteur en scĂšne Fayolle Jean et la jeune chanteuse de jazz Rachel Jeanty. C’est donc dans ce riche et novateur contexte culturel quĂ©bĂ©cois que Rebecca Jean tisse, de sa voix puissante et singuliĂšre, sa partition musicale polyphonique et bilingue français-crĂ©ole. PubliĂ© le 01/07/2022 Ă  0505 La directrice de l’école maternelle Le Petit Prince, Laurence Rienda Lacalle, Ă©tait heureuse derniĂšrement, aprĂšs deux ans d’arrĂȘt pour cause de crise sanitaire, de prĂ©senter un spectacle de chants et danses avec tous les bambins. AprĂšs les remerciements d’usage aux Ă©lus et aux parents pour l’aide apportĂ©e Ă  la rĂ©alisation de cette soirĂ©e, elle a soulignĂ© le fait que "la solidaritĂ© Ă  Calvisson n’est pas un simple mot". Le spectacle a commencĂ© par des chants et des danses devant des parents enchantĂ©s par la qualitĂ© de la prestation de leurs enfants. Les petits ont pris plaisir Ă  ĂȘtre les vedettes d’un soir. La soirĂ©e s’est terminĂ©e par un apĂ©ritif dĂźnatoire convivial. Correspondant Midi Libre bernardballeux

on le fait Ă  la fin d un spectacle